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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 09:32

(Article paru dans Terre de Vins Janvier-Février 2011)

 

Terre de vins janvier fevrier 2011

 

Terre de vins janvier fevrier 2011-1Entre Orange et Vaison-la-Romaine, au cœur de la vallée du Rhône, Rasteau vient d’accéder au statut tant convoité de cru des côtes du Rhône. Une récompense amplement méritée pour ce village vigneron où cohabitent vins secs et doux sous le même toit.

 

Ni château imposant, ni relief spectaculaire. Au visiteur de passage, Rasteau ne peut offrir que ses douces collines s’avançant comme les dents d’un râteau en direction de l’Ouvèze. Au loin, les dentelles de Montmirail pointent leurs pics acérés vers le ciel tandis que le mont Ventoux se coiffe d’un gros nuage blanc. Ici règne le calme et la tranquillité. A l’abri du mistral, protégé par son clocher de pierre, le petit village coule des jours heureux à l’ombre des platanes, le bruit des fontaines se mêlant aux cris joyeux des enfants.

Pourtant, sur ces sols secs et arides inondés de soleil, hormis quelques oliviers et un peu d’arbres fruitiers, rien n’a jamais pu pousser, sauf la vigne. Une vigne noueuse et torturée capable de résister au froid glacial de l’hiver et à la chaleur écrasante de l’été, captant la moindre goutte d’eau dans les profondeurs de la terre.

Les vieux grenaches, assortis de plants de syrah et de mourvèdre, font aujourd’hui la richesse du pays : Rasteau vient d’accéder à la récompense suprême en devenant, cinq ans après Beaumes-de-Venise, le seizième cru des Côtes du Rhône. « C’est une belle récompense, se réjouit Daniel Ferran, président du Syndicat des vignerons. La première demande remonte quand même à trente ans ! » L’affaire a traîné. En plus de satisfaire aux critères de typicité et de notoriété exigés par l’Institut national de l’origine et de la qualité pour passer de côtes-du-rhône villages communal à cru, il a fallu convaincre l’administration française et les instances européennes que pouvaient cohabiter, sous un même nom, un vin rouge sec et un vin doux naturel.

Ces tracasseries n’ont pas empêché les vignerons d’aller de l’avant. Sereins et unis, ils élaborent des vins d’une homogénéité qualitative remarquable, contribuant ainsi à la belle harmonie qui règne déjà dans le paysage.

 

Terre de vins janvier fevrier 2011-2PAUL COULON

L’âme d’un musée vigneron

 

   Année après année, Paul Coulon a patiemment amassé les 3000 objets de ce petit musée, chinant dans les brocantes, les vides-greniers…  « Je l’ai ouvert en 1982 avec tout ce qui avait été conservé par mes ancêtres depuis sept générations sur le domaine de Beaurenard, à Châteauneuf du Pape ». Organisé en sept salles, qui portent chacune le nom d’un cépage, la visite débute par les instruments de travail du sol, araires, houes… se poursuit par les hottes à vendanges et autres outils de cave patiemment arrachés à l’oubli. Une  superbe collection de sécateurs, d’appareils à sulfater et de pals injecteurs pour lutter contre le phylloxera rappelle les aléas de la culture de la vigne. « Regardez ce gant en cottes de maille, il servait à écorcer les ceps pour lutter contrez la pyrale », s’exclame-t-il. Après la projection d’un petit film qui retrace notamment l’histoire de la viticulture dans la région, on entre dans la « vinothèque », un lieu unique où sont rassemblées plus de 2000 bouteilles (pleines) dont certaines datent de la fin du  XIXe siècle. Avant d’arriver au caveau pour une dégustation des côtes du Rhône et Châteauneuf du pape, certes plus récents, du domaine de Beaurenard, une dernière salle permet de se documenter sur la géologie, l’œnologie…

Pour approfondir la visite tranquillement à la maison, Paul Coulon a récemment réalisé un superbe livre sur son musée. Une véritable bible pour les passionnés.

 

 

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