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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 14:41

Le figaro 28 01 2010
L'effet protecteur des flavonoïdes du vin, du thé, du cacao

L'Académie nationale de pharmacie a débattu hier des apports bénéfiques sur le cœur et le cerveau de molécules contenues dans certains aliments.

 

 

PRÉVENTION Le vin, le thé, le chocolat, principalement, et bien d'autres aliments contiennent des substances, les flavonoïdes, qui auraient des actions antioxydants et anti-inflammatoires, avec un effet protecteur éventuel au niveau du cœur et du cerveau. Depuis une quinzaine d'années, les recherches se multiplient sur ces molécules contenues dans l'alimentation. Hier, l'Académie nationale de pharmacie a consacré une de ses séances à débattre des effets sur la santé de ces substances prometteuses. Cependant, alors que de nombreuses firmes proposent désormais en parapharmacie des gélules ou capsules à base de flavonoïdes, l'académie estime que les données actuelles ne permettent pas d'encourager les « assertions santé» d'adjuvants alimentaires.

 

L'histoire des flavonoïdes commence dans les années 1990, avec la mise en évidence du paradoxe français: les Français, notamment dans le Sud- Ouest, ont un niveau de mortalité cardiovasculaire plus faible qu'ailleurs, malgré une consommation élevée de graisses saturées (un facteur de risque cardiovasculaire majeur), Cette exception a été attribuée à la consommation de vin rouge, spécialement élevé en France. Les flavonoïdes (des composés poly phénoliques) du vin ont été rapidement identifiés comme étant les médiateurs de cet effet bénéfique. Et de nombreuses enquêtes épidémiologiques prospectives ou rétrospectives ont tenté d'analyser le lien entre régime riche en flavonoïdes et maladies cardio-vascu­1aires (attaque cérébrale, infarctus) ou neurodégénératives (maladie d'Alzhei­mer, Parkinson).

« L'ensemble des informations ainsi acquises montre une tendance générale en faveur de l'association entre la consommation de vin rouge en quantité modérée (un ou deux verres par jour) au-delà de laquelle les effets délétères de l'alcool inversent la tendance, de thé vert ou noir et de cacao et la mortalité d'origine cardiaque ou neurodégénératives, explique le Pr Jean-Claude Stoclet, membre de l'Académie de pharmacie (faculté de Strasbourg). Il parait donc raisonnable d'émettre l'hypothèse selon laquelle la consommation régulière de certain fruits riches en flavonoïdes ou des préparations qui en sont issues, vins rouges, certains jus de raisin, les thés verts et noirs dans une moindre mesure, le cacao, est associée à une diminution de la mortalité…»

 

                         

Inhibition de certains gènes

 

La preuve formelle ne pourra être apportée qu'après des essais cliniques comparant un régime enrichi en flavonoïdes et avec une alimentation pauvre en flavonoïdes. Notons que la plupart des études ne mettent pas en évidence de lien entre alimentation riche en flavonoïdes et cancer. De nombreuses études expérimentales, sur culture cellulaire ou modèle animal, ont mis en évidence un effet direct des flavonoïdes sur la paroi interne des vaisseaux, avec une augmentation des facteurs vasodilatateurs et antiprolifératifs. Ces substances agiraient aussi par le biais d'inhibition de certains gènes, pour aboutir à un effet anti-inflammatoire.

Ou trouve-t-on ces flavonoïdes? Plusieurs centaines de flavonoïdes différents ont été identifiés. Malgré de nombreuses incertitudes, il apparaît que les flavonoïdes ayant un effet protecteur appartiennent aux classes des flavonoïdes (vins rouges, thé, cacao) et des anthocyanines (fruits rouges, cerises, cassis.).

 

 « Compte tenu des données récentes sur les effets et les mécanismes d'action de certains flavonoïdes, il pourrait être tentant de préconiser dès à présent un renforcement du régime enrichi en flavonoïdes, estime le Pr Stoplet. Il faut résister à la tentation: outre les incertitudes qui subsistent sur la nature des composés utiles, sur les quantités à préconiser, il n'est nullement exclu que l'on découvre des effets indésirables.» Pour le Pr François Chast, président de l'Académie de pharmacie, « sur la base des données actuelles, une amplification des efforts de recherche parait justifiée et urgente» .

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commentaires

Emmanuel DELMAS 29/01/2010 20:56


Intéressant...mais quelque chose me dit que l'édition de Jeudi prochain révélera quelque chose de bien plus intéressant pour la filière toute entière ! :-)